Mohammed Harbi, né en 1933 à El Harrouch près de Skikda, est un militant nationaliste, responsable politique et historien algérien. Engagé dès sa jeunesse dans le mouvement indépendantiste, il rejoint le Front de libération nationale (FLN) au début de la guerre d’Algérie et exercera, durant le conflit, des fonctions politiques et diplomatiques.
En 1958, il accepte une bourse d’études à l’Université de Genève. Puis, dès avril 1959, il travaille à Tunis au service du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). En 1961, il participe à la première phase des négociations d’Evian entre le GPRA et les représentants français, dans le cadre facilité par la Suisse (voir N° 31 2/2002 de la revue Politorbis, article rédigé par le scénariste de la bande dessinée Le long chemin jusqu’aux accords d’Évian, Marc Perrenoud).

Dans Une vie debout. Mémoires politiques (1945-1962), Mohammed Harbi évoque l’arrivée de la délégation à Genève : «… l’arrivée à Genève le 18 mai 1961 fut un des plus beaux jours de ma vie. Nous étions arrivés à bon port. » Durant les semaines suivantes, il prend part aux contacts informels et aux discussions préparatoires, conseillant sur les questions du cessez-le-feu, du statut futur de l’Algérie et des garanties accordées aux populations civiles. Ces échanges contribuent à créer les conditions diplomatiques qui conduiront à la signature des Accords le 18 mars 1962 à Évian, marquant la fin de la guerre.
Après l’indépendance, Mohammed Harbi a exercé de hautes fonctions au sein de l’État algérien avant de poursuivre une carrière académique en tant qu’historien en France, tout en publiant plusieurs ouvrages consacrés à l’histoire du FLN et de la guerre d’Algérie. Il est décédé le 1er janvier 2026 à Paris, à l’âge de 92 ans.