Le diplomate suisse Olivier Long, genevois d’origine, est la première personne de contact des indépendantistes algériens au sein du gouvernement Suisse. Il rencontre Taïeb Boulahrouf en décembre 1960 par l’entremise de deux avocats genevois, Me Jean-Flavien Lalive et Me Raymond Nicolet. Olivier Long est chargé par le chef du Département politique, Max Petitpierre, de répondre positivement à la sollicitation des indépendantistes algériens.
Olivier Long connaît bien Louis Joxe, ministre français des Affaires algériennes, à travers qui il obtiendra le soutien personnel du général de Gaulle pour la médiation suisse. Il organisera les premières rencontres secrètes à Lucerne puis Neuchâtel en février et mars 1961, qui mèneront aux négociations officielles à Evian. Il continuera son travail de médiation jusqu’aux Accords du 18 mars 1962. Saad Dahlab lui aurait alors lancé amicalement : « Alors, Monsieur Long, vous l’avez eu votre cessez-le-feu ? »
Les rapports d’Olivier Long consacrés à son travail de médiation pour les Accords d’Evian sont conservés aux Archives fédérales suisses et mis en ligne par le centre de recherche Dodis, un institut de l’Académie suisse des sciences humaines et sociales :
- Contribution suisse à la préparation de la négociation entre la France et le Gouvernement provisoire de la République Algérienne – Des premiers sondages à la Conférence d’Evian (novembre 1960 – 20.5.1961) https://dodis.ch/9709
- Rapport No II: Contribution suisse aux négociations entre le gouvernement français et le gouvernement provisoire de la République algérienne – De la première conférence d’Evian au cessez-le-feu en Algérie (20.5.1961–19.3.1962) https://dodis.ch/34258
- Deux notes sur le départ de la délégation algérienne et sur la suite des opérations https://dodis.ch/10392